“ Comment me débarrasser du cadavre de mon poney ? ”05.03.09
Photo Cor. NR, Xavier Monnais
Les conditions sanitaires ne sont pas dramatiques, mais les faits sont
là : le corps de la ponette de Franck Seiller stagne depuis
une semaine dans le jardin.
Cela fait maintenant une semaine que Franck Seiller, vétérinaire et éleveur
de chevaux au Blanc, cherche à se débarrasser du cadavre de sa ponette.
Il a chez lui la bagatelle de cent trente chevaux, des brebis et des vaches. Jérôme Seiller, éleveur à Bélâbre et vétérinaire au Blanc, est donc un habitué des relations avec les sociétés d'équarrissage. Mais depuis quelques jours, il est à la peine. Explications. « L'État souhaitant se désengager de l'équarrissage, un appel d'offres a été lancé pour qu'une société privée lui succède. Pour l'Indre, c'est la Saria, qui a une antenne à Dun-le-Palestel, en Creuse, qui a enlevé le marché.
« Mercredi 25 février, ma ponette est morte, et j'ai donc contacté cette société pour qu'elle vienne enlever le cadavre. J'attends toujours que cela soit fait. On m'a d'abord répondu que je devais payer avant l'enlèvement, ce que je trouve proprement inadmissible mais légal, renseignements pris auprès de la répression des fraudes ! Jeudi 26 février, un camion est passé chez moi, et a laissé un mot sur le cadavre de la ponette, en y précisant que comme je n'étais pas là pour payer, elle ne serait pas emmenée ! Avec ce mot, une facture de 62,49 €. Immédiatement, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, j'ai envoyé un chèque au siège de la Saria, dans l'Allier, en recommandé. Lundi 2 mars, un camion est repassé : rebelote ! Comme je n'étais pas là pour payer, ils sont repartis. Le siège ne leur avait pas dit que j'avais envoyé le paiement ! Bravo pour la communication interne au sein de cette entreprise !
« Compte tenu de mes activités, je ne peux pas être tout le temps à côté du cadavre. Alors je fais comment ? Quand vont-ils revenir ? Je sais que je suis en infraction, mais je ne peux rien y faire. S'il faut aller en justice, j'irai. Je suis un homme honnête, qui paie ses factures, et je trouve dommage que le monopole dont profite la Saria l'autorise à ce genre de pratique qui fait que le corps d'un poney est dehors depuis maintenant près d'une semaine ! Et si j'étais parti en vacances pour deux semaines au lendemain de la mort de mon animal ? Pourquoi doit-on payer avant que le service soit rendu ? »
Christophe Gervais
christophe.gervais@nrco.frl'avis de l'expert
“ Une réglementation qui évolue ”
Directeur des services vétérinaires de l’Indre, Denis Meffray
explique les règles de l’équarrissage.
« Il y a plusieurs aspects à considérer. Sur celui de la réglementation, il faut savoir que si l'animal mort pèse plus de 40 kg, on ne peut l'enterrer n'importe où. Sinon, on est en infraction par rapport au code rural, et la récidive est un délit. L'équarrissage est donc obligatoire. Jusqu'au 19 juillet 2009, c'est la Saria qui a l'exclusivité de cette activité sur le département de l'Indre. Depuis la crise de la vache folle (ESB), l'État a tenu à mailler le territoire français de telle façon à contrôler l'équarrissage . Mais au 19 juillet, le marché public arrivera à terme. Pour l'Indre, cela ne devrait pas changer grand-chose, la société d'équarrissage la plus proche après la Saria étant basée à Alençon ! Les sociétés vont donc continuer à se partager la France. Dans le cas de M. Seiller, même si sa ponette ne représente pas un risque sanitaire, il est en infraction puisque le délai pour faire évacuer un cadavre est de 48 heures. J'espère qu'il va réussir à trouver un terrain d'entente avec la Saria pour faire enlever au plus vite la dépouille de cet animal. Précisons aussi que les professionnels de l'élevage, comme lui, paient moins cher que les particuliers. »
du côté de la SariaNous avons essayé, hier, de joindre la Saria, à Dun-le-Palestel, dans la Creuse. Nous sommes tombés sur un répondeur interactif, mais n'étant pas professionnel de l'élevage, nous n'avons pas de numéro spécifique, et nous n'avons pas été en mesure d'entrer en contact avec un représentant de la société.
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